Le café des sports "Chez Léa"

Qui n’a pas connu le « Café des Sports » tenu par Émile Chaussée et Léa Chauvel, rue Jeanne d’Arc anciennement rue de la Bardouillère ?

Mais avant de parler de ces célèbres tenanciers, remettons le temps !

En 1895, cette bâtisse appartient à la famille Le Frère. Jacques et son épouse Marie-Louise Cadio y sont aubergistes jusqu’en 1907. Arrivent ensuite les époux Orgebin-Dubourg qui vont acquérir l’ensemble des bâtisses (écurie, puits et maison d’habitation en ruines). Sur ces ruines, ils font édifier une maison en pierres qui devient une habitation et un café. Cette nouvelle maison conserve un passage existant avec la maison d’Alexandre Dosse située à côté, les deux maisons appartenant auparavant à la famille Le Frère. En 1919, Alexandre Dosse prend en gérance le café des Orgebin, puis devient aubergiste et cordonnier (son atelier se situant à l’arrière des deux bâtisses). Sa femme Aglaé s’occupe de l’épicerie et de la vente de la presse locale. Au décès de Gustave Orgebin, en 1933, sa fille Paulette et son mari Paul Chédotal reprennent le café et ferme le passage mitoyen. Paul étant boulanger, il fait son pain sur place tandis que sa femme Paulette gère le café, la jeune Léa Chauvel y est serveuse.

En 1952, les époux Chédotal souhaitent mettre l’établissement en gérance à Léa et Émile mais à une condition « qu’ils devront tenir le café constamment ouvert de façon à ce que la licence de débit de boissons ne puisse être annulée ». Émile étant couvreur, c’est Léa secondée par sa belle-mère Angèle qui tient le café. Les journées sont bien remplies de 9h à 23h, 7 jours sur 7. De plus, malgré l’horaire de fermeture réglementaire, les clients trainent souvent plus tardivement dans sa cuisine, parfois jusqu’à très tard. 

Le cimetière étant situé de l’autre côté de la rue, le café de Léa est nommé « le café du bon coin » sous-entendu qu’il valait mieux être ici qu’en face ! À la sortie des enterrements, la famille et les amis se retrouvent autour d’un verre et de biscuits dans le bar. Lors des baptêmes et des communions solennelles, les Dolaysiens y viennent manger en apportant leur repas. Les artisans et les commerçants s’y donnent rendez-vous après une longue journée de travail. La bonne humeur toujours égale de Léa attire les Dolaysiens et les habitants des communes voisines, lieu de retrouvailles des uns et des autres autour d’un bon coup de rouge : «la boisson locale de l’époque » !

Mais l’établissement est bien plus qu’un café. On y trouve un dépôt de bouteilles de gaz, le vétérinaire y dépose des produits pour les agriculteurs, le dimanche matin place aux viennoiseries de la boulangerie Lescop puis Regardin. Et comme tous les bistrotiers dolaysiens, Léa prépare également le déjeuner des enfants de l’école publique. Quand la télévision est arrivée, tous les jeudis après-midi, il y avait un rassemblement de jeunes. Dans sa grande maison, Léa héberge également des ouvriers espagnols qui travaillent au verger chez Thomas. Du mouvement, il y en a tout le temps et Léa sait donner « son coup de gueule » lorsque certains dépassent les limites.

En 1965, le café change de nom pour devenir le Café des Sportifs. Les week-ends dolaysiens sont très animés entre les entrainements de basket les samedis après-midi et les matchs de football les dimanches. Après le match, les joueurs de foot et de basket ainsi que leurs supporters se retrouvent au café pour refaire le match. Ce sont de super souvenirs notamment avec les équipes d’Ingrandes que ce soit dans le bar, dans la cuisine et même dans l’arrière-cave, l’ambiance est festive et très amicale, les chansons, les rires sont au rendez-vous.

Chaque dimanche, Léa est aidée par toute une équipe de jeunes filles lors des coups durs : Angélique et Denise Bompoil de Maumont, Augustine Grayo, les filles Vallées (Joëlle, Marie-Thérèse et Jeanine), Marie Madeleine Bompoil-Le Thiec, Maryline Huguet, Marcelle Bompoil et Chantal Lesvêque.

Les jours de Toussaint toute la famille est convoquée pour aider Léa. Le soir pour remercier son petit monde elle leur sert un grand pot au feu. Elle est aimée de tous, petits et grands pour son grand cœur et sa joie de vivre. 


Léa laisse sa place à Francette Certain et Jean-Luc Chotard en août 1993, après 50 années de travail. Puis suivront Philippe Lefevre et Anne-Marie Ledeho, Dédé et Corinne Le Masle et de nouveau Anne-Marie Ledeho avant une fermeture définitive en 2022.

Le cordonnier Alexandre Dosse

 

Fils de cordonnier, Alexandre commence son apprentissage auprès de son père dès la fin de ses études primaires. Après deux années d’initiation dans l’atelier familial, il part à l’âge de 16 ans faire un apprentissage à l’extérieur chez M. Rolland à Missillac. Il y est ouvrier apprenti du 1er juillet 1929 au 29 août 1931. Poursuivant sa formation, il la complète ensuite chez M. Perraud à Pontchâteau de juin 1932 à janvier 1933. Les kilomètres à vélo ne lui faisant pas peur, il poursuit l’aventure jusqu’à Guérande pour travailler chez M. Vidu de 1933 à 1939. 

C’est alors que survient la déclaration de guerre contre l’Allemagne. À l’aube de son départ pour le front, Alexandre, âgé de 26 ans, se marie avec sa bien-aimée Joséphine Le Frère seulement trois jours avant de quitter Saint-Dolay et de partir sur le front. Capturé le 15 mai 1940, il est dirigé vers l’Est et passe les cinq années de guerre en captivité au Stalag I B, un camp situé à proximité de la frontière russe. Libéré par l’armée russe en janvier 1945, son long retour vers sa terre natale va durer six mois. Un périple éprouvant qui le mène à travers plusieurs pays d'Europe de l'Est — notamment la Pologne, la Russie, la Lituanie, la Biélorussie et l'Ukraine — avant de passer par l'Allemagne et la Belgique pour enfin regagner la France. 

De retour à Saint-Dolay, Alexandre reprend l’entreprise familiale : la cordonnerie et un magasin proposant chaussures, sabots, galoches. Son activité est très intensive, il se fait seconder au magasin par son épouse, Joséphine, qui exerce également le métier de couturière. Dans leur foyer, la vie est animée par la présence de leurs trois enfants : un garçon, Marc, et deux filles Marylène et Roselyne. Malheureusement, en décembre 1955, un problème de santé de Joséphine les contraint à fermer le magasin. C’est avec grand regret qu’Alexandre, amoureux du cuir, doit changer de métier. Il se dirige alors vers la FPA (Formation Professionnelle Accélérée) de Saint-Nazaire pour apprendre le métier d’ajusteur, puis intègre l’Aérospatiale jusqu’à sa retraite. 

Toutefois, l’activité de cordonnerie ne s’arrête pas définitivement : le commerce de chaussures est repris par M. et Mme Guihard de Missillac, qui en assurent la continuité. Leurs enfants, Georges et Jean, prennent aussi le relais, installant tous les dimanches un chapiteau sur la place de l’église pour la vente de chaussures. 

Le couvreur Émile Chaussée

 

Émile Chaussée est né à Saint-Dolay le 21 août 1923. Lorsqu’il est âgé de 12 ans, son père Émile (1893-1936) meurt laissant sa femme, Angèle Vignard, enceinte de leur quatrième enfant. 

 

Émile quitte alors l’école et commence un apprentissage de couvreur chez son oncle Jean Rialland (1891-1940) qui entretient les toits des Dolaysiens. Ils se rendent sur les lieux à bicyclette avec l’échelle sur l’épaule ou parfois l’échelle leur est mise à disposition dans les campagnes. À 17 ans, il perd son mentor dans des circonstances tragiques : alors qu’ils se dirigent vers Confolet, Jean se fait renverser dans la descente par un automobiliste conduisant une Juva 4. Il s’éteint dans d’atroces souffrances chez lui à la Venelle. 

 

Émile se fait alors embaucher par l’entreprise Henri Querbouët à Saint-Nazaire. Il devait prendre le train chaque matin à Sévérac, parfois les passagers devaient descendre du train afin qu’il puisse monter les côtes. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il n’est pas mobilisable car il est soutien de famille. 

En 1946, son patron veut lui céder son entreprise mais à une condition… qu’il épouse la secrétaire ?? Mais le cœur d’Émile est déjà pris par Léa Chauvel (1925-2008). 

 

Émile décide alors, à 23 ans, de se mettre à son compte, le 1er juillet 1946. Il allait s’approvisionner en ardoises à la gare de Sévérac. En 1949, il se marie avec Léa, mais à cause de l’épidémie de charbons, les invités ne peuvent pas se joindre à la fête, certains ont quand même bravés l’interdit. Après l’achat de son premier véhicule, les déplacements deviennent plus importants mais aussi plus simples. À l’époque, l’activité est parfois calme, avec son ouvrier ils se transforment en peintres pour badigeonner les commerces et les maisons dolaysiennes, la chaux grasse faisait alors office de peinture. Heureusement vers les années 60, l’activité de couvreur se développe avec les nouvelles constructions et le développement des lotissements. Il étoffe alors son équipe avec 4 salariés. Il forme également son fils Claude de 1974 à 1976 qui obtient son CAP couvreur, puis poursuit sa formation avec un brevet professionnel de l’école supérieure de la « Couverture d’Angers ». En 1978, Émile décide de construire un hangar plus fonctionnel pour ranger son matériel (échafaudages, zinc, stocks d’ardoises). 

 

Après 40 années de vie professionnelle sur les toits de Saint-Dolay, Théhillac, Nivillac et La Roche-Bernard et suite à des problèmes cardiaques, Émile décide de céder son entreprise à son fils Claude le 30 juin 1986. Pour Claude commence une période très active avec de gros chantiers : les travaux de la mairie, de la salle polyvalente, du château du Plessis, de la Tour de la Fresnaie… Ces travaux sont réalisés dans une très bonne ambiance entre les artisans de différents métiers. Faute de repreneur, Claude ferme son entreprise en décembre 2017 après 31 années d’artisanat. 

Emile nous a quittés le 30 août 2011 à l'âge de 88 ans.

La boucherie-charcuterie Pério

Pierre et Rosalie sont tous les deux nés à Saint-Dolay, Pierre en 1914 et Rosalie en 1921. Pierre habitait rue du Crézelo où son père Jean-Marie était charpentier et Rosalie à la Corodais où son père Théophile Magré était cultivateur.

 

Ils se marient en janvier 1941 et ont sept enfants : Jean Jacques, Pierre, Marie Thérèse, Marylene, Maryse, Catherine, Yannick.

 

Pierre a fait son apprentissage à la charcuterie Clouët à Pontchâteau, il y allait en vélo. Ils ouvrent la première boucherie rue du Crézelo en 1941 avec un abattoir à proximité. Pendant la guerre, le frigo de la boucherie était en grande partie réquisitionné pour le stockage de la nourriture des Allemands.

 

En 1960, ils s’installent dans une nouvelle boucherie toute neuve sur la place de l’église. L’abattoir rue du Crézelo ferme au moment de leur nouvelle installation conformément à la réglementation en vigueur. Pierre a été l’un des premiers clients de l’abattoir industriel de Marzan. L’achat des bêtes se faisait toujours dans les fermes dolaysiennes, plus tard ils se sont directement approvisionner à l’abattoir.

Au niveau de la charcuterie, elle était faite sur place, la cuisson était réalisée dans le four à pain de la boulangerie David, rue de la venelle jusqu’à l’installation du laboratoire de la nouvelle boucherie équipé de fours, fumoirs et autres matériels.

Dans la journée, la boucherie-charcuterie était tenue par Rosalie, tandis que Pierre faisait des tournées dans la campagne dolaysienne le mercredi matin et le samedi après-midi, mais aussi sur un trajet Missillac – La Chapelle-des-Marais – Sainte-Reine-de-Bretagne les mardi jeudi et samedi matin et enfin le dimanche matin à Théhillac (sans oublier d’aller à la messe de 7h à Théhillac). Le vendredi était consacré à la fabrication de la charcuterie.

Pendant très longtemps, le dimanche après-midi, Rosalie servait des sandwichs à l’issue des matchs de football. Le dimanche soir, jusqu’à souvent très tard, elle fournissait des steaks à la demande du bar-restaurant rue du Crézelo « chez Minouche ». De même, lors des fêtes annuelles sur le terrain de sport de Saint-Dolay ou à Sainte-Anne, Pierre et Rosalie tenaient un stand de sandwichs.

Ils ont tenu leur commerce jusqu’à la retraite de Pierre en 1979. Il décède deux ans plus tard, Rosalie a vécu dans le commerce jusqu’à son décès en 1991. Puis la maison a été vendue et d’autres commerces s’y sont installés.

Le bourrelier Jean Bompoil (1936-2021)

Le bourrelier travaille la bourre et le cuir afin de réaliser des pièces d'attelage pour le travail des chevaux. Ce terme maintenant peu utilisé différenciait le bourrelier, travaillant à la campagne (attelage de travail, bât) du sellier, travaillant à la ville (voitures hippomobiles, selles). 

Né le 10 septembre 1936 dans le village de la Ruellemain, Jean grandit dans la ferme de ses parents à Trémeneuc. À 16 ans, il part se former à la ferme de l’Hermitage à Sainte-Anne-sur-Brivet, son projet étant de reprendre la ferme. Malheureusement, atteint de la polio (infection virale de la moëlle épinière), il est dirigé vers différents centres médicaux et notamment le centre de rééducation de Saint-Jacques à Nantes. 

Guéri mais atteint de séquelles, il décide de s’orienter vers un autre métier, celui de bourrelier, sellier et matelassier qu’il apprend au CFA de Rennes entre 1955 et 1957. De retour à Saint-Dolay, il travaille un an chez Arsène Péraud près du calvaire, puis s’installe à son compte 6 rue du Crézelo. En 1964, il se marie avec Thérèse Fablet et a une fille Florence. 

Jean cumule un certain nombre d’activités : il remplace régulièrement les facteurs et lors de l’ouverture du pont de Cran en 1966, il est nommé pontier. En 1977, il ferme définitivement son atelier de bourrelier. 

Il continue à assurer l’ouverture et la fermeture du pont de Cran en même temps qu’il élève des veaux jusqu’à sa retraite en 1996. 

Il nous a quittés le 12 juin 2021.  

Aujourd’hui découvrez un artisan, Jean Bompoil (1936-2021) 

Son métier était celui de bourrelier, aujourd’hui cela ne nous parle pas. Le bourrelier travaille la bourre et le cuir afin de réaliser des pièces d'attelage pour le travail des chevaux. Ce terme maintenant peu utilisé différenciait le bourrelier, travaillant à la campagne (attelage de travail, bât) du sellier, travaillant à la ville (voitures hippomobiles, selles). 

Né le 10 septembre 1936 dans le village de la Ruellemain, Jean grandit dans la ferme de ses parents à Trémeneuc. À 16 ans, il part se former à la ferme de l’Hermitage à Sainte-Anne-sur-Brivet, son projet étant de reprendre la ferme. Malheureusement, atteint de la polio (infection virale de la moëlle épinière), il est dirigé vers différents centres médicaux et notamment le centre de rééducation de Saint-Jacques à Nantes. 

Guéri mais atteint de séquelles, il décide de s’orienter vers un autre métier, celui de bourrelier, sellier et matelassier qu’il apprend au CFA de Rennes entre 1955 et 1957. De retour à Saint-Dolay, il travaille un an chez Arsène Péraud près du calvaire, puis s’installe à son compte 6 rue du Crézelo. En 1964, il se marie avec Thérèse Fablet et a une fille Florence. 

Jean cumule un certain nombre d’activités : il remplace régulièrement les facteurs et lors de l’ouverture du pont de Cran en 1966, il est nommé pontier. En 1977, il ferme définitivement son atelier de bourrelier. 

Il continue à assurer l’ouverture et la fermeture du pont de Cran en même temps qu’il élève des veaux jusqu’à sa retraite en 1996. 

Il nous a quittés le 12 juin 2021. 

L'épicerie Rual (1947-1985)

 

Après leur mariage, en juin 1945, Joseph Rual et Marie Retailleau s’installent comme primeurs au Moulin de la Haie. En 1947, ils achètent une écurie rue du Crézelo et la transforme en magasin d’alimentation. 

À l’intérieur se trouvait un grand étal bas et derrière des étagères sur lesquelles étaient entreposées toutes sortes de choses : de l’alimentation, de la mercerie, des produits ménagers, du lait qu’ils prenaient chez la sœur de Marie, Yvonne au Moulin de la Haie. Il y avait aussi un téléphone à disposition pour ceux qui n’en avaient pas chez eux. 

En 1966, ils achètent un terrain en face de l’épicerie de Marie Godet. Joseph y a cultivé des légumes, des arbres fruitiers qu’il vendait. Il faisait les marchés : le lundi à Redon et le jeudi à La Roche-Bernard. Et tous les jours, ses tournée à la campagne souvent avec sa fille Marie-Louise à bord de son camion gris de la marque Citroën. 

 

Joseph décède en 1979 à l’âge de 57 ans. Sa fille Marie-Louise a continué les tournées et sa femme Marie a réorganisé le commerce en libre-service sauf pour les fruits et légumes et le fromage. Elle allait les chercher au Cougou à Guenrouët. Ses filles Marie-Louise et Marie-Dominique l’ont beaucoup aidée. Le magasin était ouvert 7 jours sur 7 et très tôt le matin pour les ouvriers des Chantiers de Saint-Nazaire et tard le soir. Même le samedi, l’épicerie était ouverte après la messe de 20h, et même le dimanche elle fermait l’après-midi mais rouvrait le soir pour le lait frais. Puis, quand Marie a commencé à être fatiguée, ses filles l’ont encouragée à mettre des horaires. 

Vers 1985, Marie a pris sa retraite. L’épicerie a définitivement fermée, tandis que Pierre Lepage a ouvert la sienne. Le commerce est resté vacant puis quand Basile Chaussée a pris sa retraite, Marie-Thérèse Régent a ouvert un tabac presse dans le local de l’épicerie l’emplacement actuel du Tabac Presse. 

Marie est décédée en février 2011 à l’âge de 88 ans. 

Le café du centre

 

Construit vers 1880 par Jean Pério (1843-1907), originaire de Sévérac, le café du centre a marqué l'histoire du bourg. Jean Pério a exploité l'établissement jusqu'à son décès en 1907, puis l’a légué à ses filles, Jeanne et Marie-Joseph. Elles le cèdent en 1928 à Jean David et Agnès Le Mouël, qui ouvre la boulangerie de la venelle l’année suivante. 

En 1931, Joseph Régent, facteur des Postes, et son épouse Léonie Magré en font l'acquisition. L'acte de vente de 1931 décrit un bâtiment typique de l'époque : une maison servant à la fois d'habitation et de café. Au rez-de-chaussée, on trouve la cuisine et la salle de débit, tandis que les étages supérieurs sont aménagés en chambres. Au premier étage : une grande chambre et une petite pour des voyageurs ; au second étage : une grande chambre, deux petites pour des voyageurs. Une cave et un grenier complètent les lieux. 

En 1947, Marie Régent, fille des précédents propriétaires, et son époux Albert Bossard, également facteur, reprennent le flambeau. Le café, qui sert alors de lieu de rencontre pour les dolaysiens, accueille également des événements familiaux tels que les mariages et les communions. 

En 1967 Yvonne Sébilo prend la gérance de l'établissement. Finalement, en 1972, la famille Bossard cède définitivement le café. 

 

Collections Bossard et Bruneau

La boucherie Lepage

 

Au tout début de l’année 1913, un dénommé Pierre Lepage (1890-1947) s’arrête au café Bertho afin de faire une halte sur la route qui mène à La Roche-Bernard. Originaire d’Avessac et formé auprès d’un boucher de Plessé, il souhaite y installer son commerce. La force de persuasion de Victorine Cadroc’h-Bertho changera ses projets puisque c’est elle qui le convainc de s’installer à Saint-Dolay, alors dépourvue de ce type de commerce. 

Pierre débute son activité la même année, le 20 mai et s’installe en location juste en face du café Bertho (dans l’actuel presbytère). Cela permet à Victorine de garder sa boutique lorsque Pierre part à vélo livrer sa viande qu’il détaille dans une grange au moulin de la Haie. Malheureusement, la guerre se déclarant un peu plus d’un an après, il est mobilisé et doit partir au front en août 1914. Mis en congé de démobilisation le 11 août 1919, il épouse Eugénie Chauvin (1896-1965) avec qui il regagne Saint-Dolay. Le 6 août 1920, il achète, dans une vente par adjudication, un ensemble de bâtiments situés en face du calvaire. 

En 1934, Roger Lepage (1920-2011), fils de Pierre et Eugénie, a 14 ans. Malgré son certificat d’étude en poche, il ne souhaite pas continuer ses études à Tours où il est en pension chez sa tante. Il revient à Saint-Dolay et commence à travailler à la boucherie. Il travaille donc avec son père et sa mère qui en mai 1938, ajoutent au commerce de boucherie, celui de charcuterie. En février 1941, la maison Lepage se modernise avec la mise en place d’un abattoir particulier aux dernières normes de l’époque (fin d’utilisation en mai 1966). 

Mais Pierre tombe peu à peu malade et se trouve dans l’obligation de céder son commerce à son fils et sa belle-fille Marie-Thérèse Le Guével (1925-2014) au 1er janvier 1947. Roger et Marie-Thérèse continuent les livraisons de viande et de charcuterie mais développent également des jours de présence à Burin (tournée du samedi matin) ; à Sainte-Anne (1965-1969) le dimanche matin pour la messe de 6H30, son local situé face à la Chapelle, puis Saint-Cry pour la messe de 9H30, suite à la fermeture de la boucherie Desbois ; à Théhillac (en 1968), Roger ayant pris la suite de Joseph Chesnin, décédé, il y allait le mercredi, le samedi à 10H après Burin et le dimanche matin (jusqu’en 1995) et abandonne peu à peu Sainte-Anne et Saint-Cry. Roger achetait les cochons pour la maison Clouët de Saint-Nazaire et les veaux tués à l’abattoir de Saint-Nazaire et distribués dans les boucheries nazairiennes. 

En 1982, après son apprentissage dans diverses formations, leur fils Pierre (1949- ) reprend la boucherie-charcuterie dans la maison-mère mais achète la maison voisine afin d’y créer son propre magasin. Celui-ci est inauguré en mai 1984. La surface de vente étant plus importante, Pierre ajoute une partie épicerie, droguerie, crèmerie, et fruits et légumes. Roger continue à faire la charcuterie les jeudis, tout en allant à Théhillac. L’établissement arbore la devanture « Vival » à partir de 1987 puis « Spar » dans les dernières années et ce jusqu’en mai 2003 date de cession du commerce. La disparition de la boucherie-charcuterie Lepage a laissé beaucoup de regrets … 

Visuels et témoignage de la famille Lepage (Annie, Pierre et Damien)

Café Bertho/Eriau

 

Dans un portrait de dolaysien, nous avons déjà parlé de Victorine CADROCH (1866-1950) qui épouse  Eugène BERTHO (1865-1908) en 1890. Le couple achète un terrain derrière la toute nouvelle église pour y bâtir un commerce et un atelier de menuiserie. Dans le commerce, Victorine gère une épicerie, une mercerie, et un café restaurant. En 1922, elle cède une partie de son commerce (débit de boisson, restaurant, épicerie, mercerie) à sa deuxième fille Victorine et son mari Pierre Le GUÉVEL. 
Pierre Le GUÉVEL (1895-1929) est originaire de Pontivy, instituteur, il arrive sur Saint-Dolay en 1911 où il rencontre Victorine BERTHO (1896-1972). Ils se marient après la guerre en 1919. Ils ont 5 enfants : Victor, Louis, Marie-Thérèse, Jeanne et Marie-Louise. Le commerce est alors tenu par Victorine, Pierre, lui, s’occupe d’acheminer le courrier de Saint-Dolay à Sévérac. Mais il décède prématurément en 1929. 

Lors de son veuvage (1929-1934), Victorine exerce seule le commerce et l’activité de transport. Elle est aidé par son employé Raphaël CHOTARD, originaire du Grippé. Eugène ERIAU, originaire de la Vendée, est vendeur ambulant pour la marque Caïffa. Eugène s’occupe de la gestion des produits alimentaires dans toute la région, c’est le début de la vente portée. Lors de ses passages, il prend pension chez Victorine BERTHO veuve LE GUÉVEL. Ils se marient en 1934 et ont un fils André en 1938. 

En 1935, le commerce de transport passe au nom d’ERIAU. Ils achètent un autocar Renault de 26 places ainsi qu’une automobile de tourisme Renault de 14 chevaux avec une remorque de 900 kilos. En 1946, Victor Le GUÉVEL (le fils de Victorine) commence l’activité de transport, il achète un second autocar neuf « isobloc » avec des portes automatiques.
Durant leur exercice, Victorine tient l’agence postale, le bureau de tabac, l’épicerie, le café et le restaurant. Le restaurant fonctionne très bien pour les mariages, les communions et les baptêmes. Victorine et Eugène hébergent également les enfants de Burin lors des retraites de communion qui durent 3 jours. 

En mai 1968, André ERIAU prend la suite de ses parents avec son épouse Marie VAILLANT, native de Camoël. En 1970, ils entreprennent la transformation de l’établissement avec la création de la salle de restaurant et la salle destinée aux mariages. Durant leur exercice, la restauration est importante. Les déjeuners sont servis du lundi au vendredi pour les ouvriers. Le samedi est réservé au mariage et le dimanche au retour. Au cours des années, des activités sont venues se greffer dont le PMU et le loto. 
Ils étaient entourés d’une très bonne équipe d’employées que ce soit au bar, au restaurant et pour assurer les services des mariages. Marie ERIAU se souvient que les mariages étaient gérés dans la bonne humeur, ils y avaient deux repas à préparer : un déjeuner chaud et un lunch composé de sandwichs et de pâtisseries. La préparation des sandwichs était souvent un moment de rigolade et de fou rire. Chacune racontait sa petite histoire. C’était vraiment de la convivialité entre le personnel.
Les mariages ont occasionné de nombreuses anecdotes entre la fille qui n’obéit pas à sa mère et le bal est annulé ; les familles fâchées pour lesquelles il faut préparer deux lunchs bien séparés ; un homme qui a pris un couteau de cuisine et qui a menacé la salle ; le décrochage d’un radiateur qui blesse un invité… 

Le 23 mai 1991, André et Marie ERIAU cèdent leur commerce à Monsieur HALGAND et Madame BLANQUART. À partir 1991, les propriétaires s’enchainent : HALGAND pendant 7-8 ans, puis Jean-Marc ROBIN et Christine, puis un gérant de Burin etc…

Témoignages et clichés : Collection Eriau/Lepage 

Les boulangeries

 Le bourg en a compté au moins 4 et possiblement 5 depuis le 19e siècle.

La boulangerie de la venelle a été tenue par Léopold Le MOUEL (1902-1929) puis par sa fille Agnès et son gendre Jean DAVID à partir de 1929 jusqu’en 1962, ensuite le commerce a été repris par LESCOP puis par REGARDIN.

Sur la place de l’église, une boulangerie-restaurant a été tenue par Jean PIRAUD (1884-1889), puis sa veuve Marie MORICEAU (1889-1924). Romain LUCAS (1928-1935) a pris la suite de sa tante. Ensuite c’est son fils Henri LUCAS qui poursuit l’activité mais sans le restaurant. Il apprend également le métier de charcutier auprès de Joseph Blouët de Pontchâteau qui venait vendre sa charcuterie le dimanche matin. C’est ainsi que la boulangerie devient une boulangerie-charcuterie. Après la famille Lucas, le commerce est repris successivement par Marie NOGUET, BOEFFARD (spécialité gâteau lorrain), Luc REGARDIN, Samuel PAILLARD et CARCOUET.

À l’entrée du bourg sur la route de Sévérac (à proximité du garage Le Corvec), il a d’abord eu la famille ORGEBIN : Jean-Marie ORGEBIN (1887-1921) puis Gustave ORGEBIN (1924-1932). Ces derniers habitaient près du Calvaire. Puis Pierre HAMON vers 1932-1936, originaire de Pacé il est marié à Marie BRUNEAU, il avait d’abord été apprenti chez David, puis chez Lucas. Ensuite c’est Georges LECAMP, un nantais qui n’était pas boulanger mais marchand de biens, il reste un an et vend, en 1938 au père Ambroise ROUILLIER qui s’installe ensuite au Noyer près du cimetière en 1947 jusqu’en 1968.

À Sainte-Anne, il avait aussi un boulanger : Joseph Mahé vers 1938.

Un autre boulanger est présent dans les sources : Pierre JOUNIER (1887-1896) mais il n’a pas été possible de situer son commerce 

Le Tabac Presse de Basile et Marcelle Chaussée

Le Tabac Presse de Basile Chaussée était ouvert tous les jours de 7h à 19h sauf le dimanche uniquement jusqu’à 13h rue du Crézelo.

Après avoir été instituteur puis militaire pendant la campagne de Madagascar (1947-1951) où il est atteint de tuberculose, Basile Chaussée revient sur Saint-Dolay avec la possibilité d’obtenir un emploi réservé. Son choix se porte sur un Tabac-Presse qu’il va ouvrir avec sa femme Marcelle David vers 1954.

 

D’abord un petit Tabac avec les cigarettes américaines, le tabac gris, le petit tabac à priser pour les femmes, le commerce va ensuite se développer jusqu’à l’ouverture du Leclerc de Redon dans les années 70.

On y trouvait des journaux Ouest France, Morbihan Éclair, Presse Océan. Le Ouest France Saint-Nazaire se vendait mieux que le Ouest France Vannes du fait que beaucoup de dolaysiens travaillaient au chantier de Saint Nazaire et des revues comme « Nous Deux » « Le Pèlerin », « Confidences » et « Paris Match ».

Pour les enfants, il y avait de nombreuses petites BD pour enfants à 5 centimes « Tarzan », « Blek le Roc », « Mandrake », « Pif gadget »… et à Noël Marcelle choisissait avec soin des livres comme « Martine », « Tintin » « Astérix ». Il y avait aussi une belle collection de livres pour enfants de la bibliothèque rose (Oui-oui, Fantômette,  le club des cinq) et de la bibliothèque verte pour les plus grands. On trouvait également des revues pour ados : « Salut les copains » « mademoiselle âge tendre », « Podium », « Hit magazine ».

Le tri de la presse, une fois par mois, était un évènement pour toute la famille. Les titres invendus étaient redescendus du grenier et triés par titre par terre dans le couloir et jusque dans la salle à manger, puis comptés afin de remplir une liste, seules les premières pages déchirées étaient renvoyées avec la liste pour remboursement. Le reste des revues étaient brûlé dans le jardin.

Mais en plus de la presse, c’était aussi un joyeux bazar avec la vente de petite maroquinerie, des fournitures scolaires, des rasoirs, des cartes postales, des cartes routières, des piles électriques notamment les piles pour la pêche à la civelle qui se faisait en Vilaine avant le barrage d’Arzal.

On venait aussi y chercher des timbres, des vignettes automobiles. Basile était également receveur auxiliaire des impôts : on devait déclarer sa production de cidre et d’eau de vie pour obtenir un acquis (sorte de laissez passer) pour le transport. Basile procédait également à l’encaissement pour les assurances générales de France, il se déplaçait dans les villages une fois par trimestre.

En 1985 vint l’heure de la retraite, Basile et Marcelle ont vendu leur commerce à Marie-Thérèse Régent qui dans un premier temps a souhaité s’installer sur la place de l’église, mais jugée trop proche du PMU par la réglementation, elle s’est installée dans la rue du Crézelo dans l’ancien commerce de primeur de Marie Rual à l’emplacement du bureau de tabac actuel.


Source : Témoignage de Florence Chaussée

Clichés : collection privée Chaussée

Le Café LUCAS GOUGEON

Louis Gougeon ouvre le café vers 1898 et le tient jusqu’en 1909, ensuite c’est le tour Honoré Gougeon (1872-1936) et sa femme Marie Joseph Chotard (1878-1940), puis de sa fille Anne-Marie (1905-2000) et son mari Hippolyte Lucas (1909-1978) en 1940.

Anne Marie tenait également la bascule publique qui fera l’objet d’un article.
 Le café était un lieu de rencontre. On y offrait la soupe aux petits écoliers des villages le midi. Les jeunes s'y retrouvaient pour faire des réunions comme les dirigeants des clubs sportifs. Une réunion importante y a eu lieu celle qui a scindé en 2 le club de foot. L'abbé souhaitait renommer la dolaysienne en "Jeanne d'Arc" ce qui lui a été refusé, furieux il clame "mes couilles", ce à quoi on lui aurait répondu "je ne savais pas que vous en aviez!"! Par la suite les rencontres entre les deux équipes se finissaient souvent en baston au café... 
 Un autre souvenir nous vient de Paulette qui aidait Anne-Marie, un soir elle faisait la fermeture à 23H. N'arrivant pas à fermer, elle dit à un habitué "tu prends la porte maintenant" ce qu'il a fait littéralement! 

Le café ferme en 1972.

Sources et clichés : Collection privée Lucas