Le cimetière
Pendant des siècles, la proximité du sacré était recherchée, aussi les notables étaient enterrés sous les dalles de l'église et les autres dans le petit enclos attenant. Mais à la fin du 18e siècle, tout change pour des raisons d’hygiène et d’espace. L’édit royal de Louis XVI en 1776 marque une rupture majeure en interdisant pour raison de salubrité publique les inhumations dans les églises.
À Saint-Dolay, le premier cimetière est également dans l’enclos de l’église qui se situait à l’actuelle place du calvaire. En 1859, le cimetière s’avère trop petit. Le maire Evain en informe le préfet qui lui répond que si le cimetière n’est pas hors du bourg et à distance voulue par la loi, il faut prévoir une translation. Le conseil municipal propose alors l’acquisition de la parcelle 869 de la section L du cadastre napoléonien (1835) au nord du premier cimetière du nom du Courtil du Cerf appartement à Alexandre Guibert, directeur des contributions indirectes du département de la Charente. Une enquête commodo et incommodo du juge de paix de La Roche-Bernard est favorable : la parcelle est élevée à 1m50 des chemins, sa contenance de 17 ares 90 est satisfaisante, et elle est située hors de l’enceinte du bourg.
En 1860, les sépultures sont translatées dans le nouveau cimetière qui sera clôturé trois ans plus tard. En 1922, lors de la construction du monument aux morts, le mur de clôture est reconstruit et le grand portail que nous franchissons encore aujourd'hui est élevé.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le maire Pierre Leclève constate que l’espace manque à nouveau. En pleine période d'Occupation, en 1943, l'entreprise Leroux réalise l'agrandissement. Un projet rendu possible grâce à la générosité de deux citoyens, Louis Retailleau et Pierre Lepage, qui prêtent chacun 400 000 francs à la commune.
Ce lieu, au-delà de son histoire administrative, reste le gardien de la mémoire des familles de Saint-Dolay. Les livres des concessions disponibles en mairie sont disponibles pour en faire l’histoire
La kermesse du dimanche 12 mai 1957 à Saint-Dolay : un reflet de son époque
« La grande Kermesse champêtre du 12 mai s’annonce sous les meilleurs auspices. Comme chaque année elle est faite au profit de nos écoles dont les besoins sont toujours très grands… surtout qu’il faut maintenant rembourser les emprunts de la nouvelle école Notre-Dame.
Nous sommes assurés du concours du cercle celtique de Redon et du Bagad du collège Saint-Sauveur de Redon également.
Nos jeunes filles et nos garçons rivalisent d’ardeur et d’ingéniosité pour présenter au défilé qui ouvrira la kermesse 6 chars impeccables à savoir l’Afrique du Nord, La Guadeloupe, La Martinique, L’Indochine, l’Afrique noire (AOF) et la France (char des écoles).
Nos spécialiste dévoués pour le montage des stands et les personnes non moins dévouées pour les tenir, ainsi que les généreux donateurs qui les approvisionnent ont répondu présents à notre appel. Les jeunes feront aussi un petit sacrifice pour tenir les différents jeux. Ainsi, le succès de la kermesse, qui ne fait plus de doute, aura été l’œuvre de toute la paroisse, pour les écoles de la paroisse. »
C’est ainsi que le prêtre de Saint-Dolay annonce la kermesse dans le bulletin paroissial de l’époque.📜
Ce thème des chars, évoquant les territoires coloniaux français, peut paraître surprenant aujourd’hui. Il constituait toutefois une manière de penser aux jeunes Dolaysiens engagés sous les drapeaux🇫🇷. À cette date, certains sont au Maroc comme Michel Bernard et Marcel Fréhel, d’autres sont en Algérie à l’instar de Jean-Gérard Bizeul, Michel Crespel et un autre au Sénégal : Bernard Le Corvec.
Le contexte géopolitique est tendu au printemps 1957, avec des situations très différentes selon les territoires. En Algérie, la guerre est déjà bien engagée depuis fin 1954, et la Bataille d'Alger (janvier-octobre 1957) fait rage. En Afrique subsaharienne française, la situation est radicalement différente et bien plus pacifique : des élections pour les assemblées territoriales ont eu lieu en mars 1957, portant au pouvoir des leaders africains comme Félix Houphouët-Boigny (Côte d'Ivoire) et Léopold Sédar Senghor (Sénégal). Par ailleurs, des territoires comme la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion sont déjà des départements français d'outre-mer (DOM) depuis 1946, leur conférant un statut de parties intégrantes de la France.
En somme, en mai 1957, la France est simultanément engagée dans une guerre brutale et politiquement déstabilisante en Algérie, tout en orchestrant une décolonisation progressive et négociée en Afrique subsaharienne. Les autres territoires ont des statuts variés, allant de l'indépendance (l'Indochine étant perdue) à la départementalisation (DOM). Le mot d'ordre est alors de "maintenir la France" tout en s'adaptant à la vague irrésistible de la décolonisation.
Visuels collection Chaussée
Source : Bulletin paroissial de Saint-Dolay de mai 1957
Le premier vote des Dolaysiennes,
23 septembre 1945
Dès la Révolution française, des figures comme Olympe de Gouges réclament le droit de vote pour les femmes. Cependant, cette aspiration ne se concrétise qu'après la Seconde Guerre mondiale. En 1942, le Général de Gaulle se prononce en faveur du suffrage féminin, estimant que les hommes et les femmes devaient participer ensemble à la reconstruction politique du pays. La reconnaissance officielle de ce droit est établie par l'ordonnance du 21 avril 1944, adoptée à Alger par le Comité français de la Libération nationale.
Les Françaises exercent leur nouveau droit civique pour la première fois lors des élections municipales du 29 avril 1945. Une enquête départementale des Renseignements généraux, menée en avril 1945, révèle que le droit de vote « laisse pour la plupart [des femmes rurales] indifférentes ». Selon ce rapport, « plusieurs d'entre elles prétendent que c'est là uniquement l'affaire des hommes et qu'avant-guerre, tout allait aussi bien sans leur concours. » L’inspecteur anticipe une « abstention massive de la plupart des paysannes », mais notent que celle-ci pourrait être évitée si les prêtres et les recteurs de chaque paroisse n'avaient pas reçu pour consigne de « leur démontrer la nécessité du vote et l'obligation qui en découle pour elles ».
À Saint-Dolay, les femmes ne votent pas en avril 1945 car la commune est encore sous occupation allemande. Elles doivent attendre le 23 septembre 1945, date des élections cantonales et municipales organisées pour les communes libérées plus tardivement. Sur les 1 318 électeurs inscrits, les femmes représentent 696 personnes, soit 52,8 % du corps électoral, un chiffre très proche de la moyenne nationale de 53 %. Il est toutefois impossible de connaître le taux de participation, car la liste d'émargement de la commune n'a pas été signée.
À l'issue de ce scrutin, 21 conseillers municipaux sont élus et choisissent Hervé Levesque du Rostu comme maire. Bien qu'une femme ait siégé au conseil municipal pendant la guerre, aucune n'est élue en 1945.
La fanfare
Les fanfares étaient appelées « clique ». À Saint-Dolay son nom officiel est la société de musique « la Jeanne d’Arc ». Créée en même temps que l’équipe de football du même nom, elle est à l’initiative de l’Abbé Gicquel qui a officié dans la commune entre 1946 et 1949. Elle semblerait datée de 1948 date à laquelle elle obtient une subvention de la mairie.
L’écho de la presqu’île guérandaise relate dans son édition du 26 juin 1949 la fête nautique de Burin du 12 juin à laquelle la fanfare participe « Vers 1h30 alors que des spectateurs arrivent de tous les côtés, et entraîné par la fanfare de Saint-Dolay, un très joli défilé de barques fleuries commença … Nous devons féliciter la jeune clique de St-Dolay, qui nous fit entendre les meilleurs morceaux de son répertoire ».
À la kermesse de Nivillac, la fanfare se distingue également « la palme revient sans conteste à la Clique de Saint-Dolay qui tout l’après-midi nous fit entendre ses morceaux les plus entraînants. Bravo ! les gars de Saint-Dolay, et nos bien cordiales félicitations et nos remerciements à M. l’abbé Gicquel, leur sympathique directeur. » L’écho de la Presqu’île guérandaise du 5 juin 1949.
En chemises blanches de bas en haut et de gauche à droite :
Première rangée : MENAGER, ROBERT, BLANCHARD, HUGUET, GUIHARD, BERNARD
Deuxième rangée : VIGNARD, FREHEL, LEPAGE, PERAUD, NICOLET, MAHE, GERAUD, GUICHOUX
Troisième rangée : BOMPOIL, LEPVRAUD, SEBILO, LEVESQUE, EVAIN, TUAL, REGENT, CRESPEL
Quatrième rangée : PERRAUD, BOSSARD, EVAIN, MALNOE, Abbé GICQUEL, PERION, GUIHARD, REGENT
A gauche de la photo : CHOTARD, ANDRE, DAVID, PERAUD, HADE, HUGUET, PERIO, HUGUET, GOMBAUD, LEROUX, BERNARD, PERAUD
A droite de la photo : LECLEVE, CHESNIN, BOMPOIL, MAURICE, GUIDOUX
Au dernier plan : J. DAVID, G. MENAGER, A. SOUQUET, J. BIZEUL, P. PERIO, P. PERAIS, E. BERNARD, H. PERIO, P. GUIHARD, M. HADE, M. HUGUET, A. DOSSE
Cette identification a été difficile à réaliser, il existe probablement un certain nombre d’erreurs.
Les prisonniers de guerre dolaysiens pendant la Seconde Guerre mondiale
Environ 140 hommes ne reviennent pas à Saint-Dolay après l’armistice de juin 1940. Aux morts s’ajoutent ceux qui ont été faits prisonniers. La plupart d’entre eux sont capturés sur le front, principalement dans le nord-est de la France. D’autres, encore, sont faits prisonniers en Bretagne, dans leur dépôt. D’autres sont capturés à Saint-Dolay. Pour la grande majorité, ils s’apprêtent à passer l’intégralité du conflit loin de leur terre natale, en Allemagne, dans des stalags c’est le cas d’Alexandre Dosse.
Alexandre est né le 2 octobre 1913 à Saint-Dolay. Lorsque la France déclare la guerre à l’Allemagne, il a 26 ans et est cordonnier. Il rejoint le 116e régiment d’infanterie le 4 septembre 1939. Le 15 mai 1940, il est fait prisonnier à Maubert-Fontaine dans les Ardennes et dirigé vers le stalag I B à proximité de la Russie. Dans un carnet, il relate ces instants : « Le 27 mai départ à 3 h du matin pour l’Allemagne de Mauber-Fontaine à Bastogne environ 300 kms à pied. Le 30 mai débarquement à 4 h du matin et marche à pieds jusqu’au camp stalag I B. Le 10 juin, 100 kms par train, le 13 dans une ferme 30 kms par train. Le 6 juillet, retour à Lötzen pour travailler comme cordonnier à la compagnie. Le 29 juin 1941, je suis désigné pour travailler chez un cordonnier en ville. […] ».
En janvier 1945, il se retrouve en plein combat entre Allemands et Russes, il décrit son repli dans une ferme « Dimanche 28 janvier, repos dans une ferme […] vers 12 h 30 13 h on entend une canonnade fournie : bataille de chars ? Lundi 29 janvier, dans la nuit vive canonnade […]. Vers 11 h 30 français et civils allemands quittons la maison pour joindre un domaine 200 mètres plus bas. Nous marchons en essuyant des balles de mitrailleuses russes. 17 h l’attaque commence. 18 h la seule crainte est un bombardement de la ferme. Vers 21 h premier contact avec une patrouille russe, à leur appel nous sortons dans la cour. »
C’est alors que commence le long retour vers la terre natale qui va durer plus de 6 mois.
L'école Notre-Dame
C’est en 1853, que s’ouvre la première classe pour les petites dolaysiennes. En septembre 1853, elles sont une trentaine et déjà une soixantaine un mois plus tard.
Comme dans beaucoup de communes de Bretagne, cette initiative est celle d’un châtelain ou plutôt pour Saint-Dolay d’une châtelaine : Louise Levesque du Rostu veuve de Thomas de Kercado, habitant au château du Plessis. Peu avant sa mort, elle souhaite faire construire une maison dans le bourg et y faire venir les Filles du Saint-Esprit. C’est son fils, Alexis Thomas de Kercado qui signe la donation. Il cède à la commune « une maison avec dépendances et une prairie le tout situé à Saint-Dolay et estimé à 20 000 francs sous la condition d’en abandonner gratuitement et pour toujours la jouissance à la congrégation des Filles du Saint-Esprit ». Les religieuses vont rester dans la commune 132 ans.
L'arrivée des Républicains au pouvoir en 1879, et plus particulièrement à partir de 1881, marque un tournant dans les relations entre l'État et l'Église catholique en France. Cette période est caractérisée par une série de lois visant à laïciser la société française et à réduire l'influence de la religion, en particulier dans le domaine de l'éducation. Toutefois à Saint-Dolay (comme dans une grande majorité des communes de l’Ouest) le conseil municipal va refuser systématiquement de construire une école publique pour les filles.
La législation se durcit, et en juin 1910, un décret ferme les écoles congréganistes (tenues par des congrégations religieuses). L’école ferme alors qu’elle compte 130 élèves. Mais aussitôt s’ouvre une école privée non-congréganiste (tenue par une novice et une institutrice), en parallèle, la mairie construit une école publique pour filles.
La situation s’apaise pendant les deux guerres mondiales, et en janvier 1954, le recteur annonce aux paroissiens la nécessité de construire une nouvelle école pour les filles car celle qui existe est trop petite, une souscription est aussitôt ouverte. L’école Notre-Dame ouvre ses portes en 1956, dès 1960-1961 un agrandissement est réalisé et en 1963 l’acquisition d’un terrain permet de faire une cour de récréation.
En 1969, les écoles Jeanne-d’Arc et Notre-Dame sont géminées, l’école Notre-Dame accueille les classes de maternelles, les CP et les CE soit environ 200 élèves.
En 1975, la congrégation quitte la direction de l’école, elle est désormais assurée par Marie-Annick Chevrier. La dernière religieuse enseignante est Sœur Ange Thérèse Maury, la congrégation quitte définitivement la commune en 1985. L’école Notre Dame ferme ses portes au début de l’année 2000 et les classes sont transférées à l’école privée rue Jeanne d’Arc.
Visuels : Archives départementales du Morbihan, 5 Fi, 6 Fi, 2514 W
Les pélerinages à Lourdes
Ces pèlerinages étaient organisés par le diocèse de Vannes. Le groupe partait avec le curé et l’équipe paroissial en train de nuit à partir de Sévérac. Le groupe était logé à l’hôtel avec d’autres groupes morbihannais. Il passait en général une semaine sur place avec au programme messe le matin, des visites (comme le Pic du midi) et prière du chapelet l’après-midi.
La bascule publique
Son histoire commence en 1929, la mairie envisage la mise en place d’une bascule et d’un service de pesage communal.
Les travaux de terrassement en face de l’église sont confiés par le Préfet à l’ingénieur adjoint du service vicinal de La Roche-Bernard qui avait déjà fait un travail similaire à Péaule et Marzan. Les travaux de construction du kiosque et de la fosse sont confiés à l’entrepreneur BOUGRO de Férel.
Ensuite le conseil municipal fait l’acquisition d’un pont à bascule de 15 tonnes mesurant 5 mètres de longueur et 2 mètres 50 de largeur à la société DUCHESNE et Cie sise à Villeurbanne Lès Lyon pour 10.800 francs.
La mairie emprunte à Armand GODET 22 000 francs pour l’achat du pont bascule et les travaux.
Une délibération du 26 janvier 1930 fixe les tarifs de pesage à savoir 2 francs par couple de bœufs, 1 franc par cheval, vache, veau, cochon et par pesée, 2 francs par charretée, 1 franc pour la tarde d’une charrette vide, 5 francs par camion chargée et 2 francs pour la tare d’un camion vide.
Cette même délibération afferme la perception de la bascule à une jeune femme de 25 ans : Anne-Marie GOUGEON qui reçoit 20% des rentes annuelles.
Retrouvez le témoignage d’Anne-Marie recueilli par Dany Callofer en 1990 et transcrit dans le Ruicard du premier trimestre 1991.
« Le lever se faisait environ vers 5h30 (heure solaire) au moment où l’Angélus sonnait, car les agriculteurs devaient peser leurs charrettes vides avant d’aller les charger de chaux à la gare de Sévérac. Au retour, on les repesait, mais pleines ! Dans la journée, on pesait bœufs, vaches, camions, enfin tout ce qui se présentait. En automne, nombre de paysans faisaient peser leur charrette de pommes avant de les conduire en gare de Sévérac. A la période des foires qui avaient lieu le premier samedi de janvier, de février ainsi qu’une autre au mois de juin régnait une grande activité. Là, il fallait s’occuper à la fois de la bascule et du café qui ne désemplissait alors par de la journée. La plupart des ventes en effet, se déroulaient devant un verre, bien sûr, pour faciliter l’achat d’une bête. Par la suite, la tâche a été allégée un peu avec la disparition de la foire de février et de juin. »
Anne-Marie GOUGEON a tenu la bascule publique pendant 44 ans jusqu’en 1974. Certains souvenirs reviennent dans la mémoire de ses enfants comme le pesage d’un homme de forte corpulence qui ne voulait pas dire son poids avec la complicité d’Anne-Marie, ses amis ont réussi à le faire passer sur la bascule !
En 1981, le conseil municipal construit un nouveau pont à bascule en partenariat avec les communes de Nivillac et de Théhillac et la CANA (coopérative agricole de la Noëlle Ancenis). Et en 1989, la bascule est détruite pour mettre à sa place un abri car du conseil général.
En 2008, la commune supprime le service public de pesage désormais entièrement réalisé par TERRENA.
Sources : Archives communales (1M7 et 1D3), Archives départementales du Morbihan (2O212/20).
Le service postal
Le service postal dolaysien dépendait du bureau de poste receveur de la Roche-Bernard. Mais les habitants s’en plaignaient. Et pour cause, les dépêches parisiennes arrivaient sur la Roche-Bernard à 10H30 soit trois heures après le départ du facteur et étaient délivrées à Saint-Dolay avec 24 heures de retard. Dès 1889, on trouve cette plainte dans les délibérations de la commune avec une demande d’établissement d’une résidence de facteur. En 1902, le maire demande à être rattaché au bureau de poste de Sévérac, puis en 1903 d’avoir un courrier en voiture entre Sévérac et Saint-Dolay. En 1904, il demande que le facteur qui dessert Saint-Dolay repasse au retour de Pontchâteau par la commune pour que les lettres puissent partir par le train de 4 heures du soir. Mais toutes ses demandes n’aboutissent pas.
Ce n’est qu’entre les deux guerres que la situation va évoluer avec l’ouverture de l’agence postale chez la veuve Bertho.
En 1923, la fille de la veuve Bertho Victorine et son mari Pierre Marie Le Guével reprennent le commerce et l’agence postale. Pierre Marie Le Guével se charge alors d’acheminer le courrier de Saint-Dolay à Sévérac. Les trajets s’effectuent en voiture à cheval mais au mois de juin 1928, il demande au directeur régional des services postaux, de pouvoir accomplir ces distances à vélo, pendant huit jours, car son cheval est boiteux. Son père se propose alors d’’avancer l’achat d’une camionnette Citroën B15.
Les filles Le Guével ont été mises à contribution pour la distribution du courrier à travers les champs. Puis ce sont trois facteurs qui distribuaient le courrier à bicyclette sur le territoire de la commune : Joseph REGENT (puis son gendre Albert BOSSARD) avait le secteur de Cran et Théhillac ; Eugène ERIAU le secteur de Sainte-Anne et Émile LECLEVE le secteur de Burin.
En 1957, un bureau de poste ouvre rue du Crézelo avec une première receveuse qui s’appelait Raymonde Chanterelle. Puis de 1958 à 1968, Monsieur LEROUX est d’abord receveur distributeur puis receveur avec 4 facteurs (Albert Bossard, Emile Leclève, Hadet et Georges Gombaud).
Par la suite le bureau de poste a été tenu par Mme Dupuis, puis Mme Chapin.
Visuels : Collection Lepage
Collection Lepage
Agence postale
Bureau de l'agence postale
Timbre d'après-guerre
Dernier sac utilisé à l'agence postale
Timbre d'après-guerre
Article de presse relatant la médaille reçue par Mme Eriau
Les maires dolaysiens
À la Révolution, les maires sont élus par le conseil municipal (1790-1794). Puis les municipalités de canton remplacent les mairies entre 1794 et 1799. De 1799 à 1884, les maires sont selon le gouvernement en place soit nommés par le Préfet soit élus par le conseil municipal.
La loi de 1884 met en place un régime d'élection au suffrage universel du conseil municipal. Le maire est élu par le conseil municipal pour une durée de 4 ans, durée portée à 6 ans en 1929.
Voici une liste des maires de la commune, la période entre 1790 et 1800 n’est pas très précise.
1790 CHESNIN Jean
1792 CHESNIN Yves
1793-1797 CHESNIN Jean
1800-1820 EVAIN Julien (1746-1829)
1820-1860 EVAIN Jacques (1782-1861, fils du précédent)
1860-1865 CHOTARD Jérôme (1814-1887) nommé
1865-1900 VALLÉE Joseph nommé puis élu 4 fois
1900-1908 BESNIER Armand élu 2 fois
1908-1919 CHESNIN Jean élu 2 fois
1919-1940 LECLEVE Pierre (1867-1940) élu 4 fois
1940-1941 RETAILLEAU Louis nommé
1942-1971 LEVESQUE DU ROSTU Hervé (1904-1989)
1971-1983 ROBERT Henri (1935-2016)
1983-1995 PERRAIS Jeanne
1995-2020 BOURRIGAUD Joël
Depuis 2020 GERAUD Patrick
La baronnie de la Roche-Bernard
Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Saint-Dolay faisait partie de la baronnie de la Roche-Bernard.
L’ Ancien Régime est caractérisé par son organisation pyramidale appelée pyramide féodale : au sommet le roi et son royaume puis le duc et son duché, le marquis et son marquisat, le comte et son comté, le vicomte et sa vicomté et enfin le baron et sa baronnie. Cependant et à l'inverse, en Bretagne, les barons sont au départ les plus importants vassaux du duc. La Roche-Bernard fait partie de ces quelques baronnies dites d'ancienneté et jouit à ce titre d'une place de choix aux États de Bretagne.
Du 11e siècle au 18e siècle la baronnie a connu 11 familles et 33 barons dont le dernier Louis Bruno de Boisgelin. Quand il était dans la baronnie, le baron vivait au château de la Bretesche à Missillac.
Les revenus féodaux des barons étaient entre autres le droit de billot sur les débitants de vin, le mesurage des blés, le droit de gîte avec chevaux, le fauchage des landes de la forêt, les corvées de deux jours, la ferme des prés salés de Saint-Dolay…
Quelques faits marquants à retenir :
- 1364 le baron Eudon II, pendant la guerre de succession de Bretagne, prend parti du perdant Charles de Blois et meurt à la bataille d’Auray.
- 1591 la baronnie est aux moins de la famille protestante De Coligny. Lors des guerres de religion, le château de la Bretesche est assiégé par les troupes du Duc de Mercœur.
- 1793-1794 le dernier baron Louis Bruno de Boisgelin, royaliste, est condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et exécuté le 7 juillet 1794. Le château est incendié en octobre 1793 puis vendu comme bien national.
Sources : MAITRE Léon, L’ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 1893. RICORDEL Alexis, La baronnie de la Roche-Bernard : lieux et enjeux de pouvoir au XVIIe siècle, 2023
Le CETA
Le 11 avril 1953, le centre d’études techniques agricoles (CETA) de Sud-Vilaine est créé dans le « but de fournir à ses membres les moyens de faciliter la gestion de leur exploitation et d’améliorer la rentabilité de leur travail par une application judicieuse des progrès techniques et des méthodes d’organisation ». Il regroupe des agriculteurs de Saint-Dolay et de Théhillac.
L’idée est venue après la lecture d’un article du Foyer rural. Certains agriculteurs qui se retrouvaient déjà au sein de la jeunesse agricole catholique et du syndicat agricole, ont souhaité sortir de la polyculture et du poly-élevage. À cette époque, les agriculteurs vivaient en autarcie : autoconsommation de la production et vente du surplus pour l’achat des autres biens nécessaires.
Le premier conseil d’administration est constitué d’un président Joseph Leclève agriculteur à Bois-Rivaux (Saint-Dolay), de deux vices-présidents Pierre Guihéneuc agriculteur à la Léguinais (Saint-Dolay), Jean Baucherel agriculteur au Gringot (Théhillac), d’un trésorier Frédéric Géraud agriculteur au Coueslan (Saint-Dolay) et deux secrétaires Joseph Mahé agriculteur au Moulin de la Haie (Saint-Dolay) et Auguste Robert agriculteur à Sainte-Lienne (Théhillac).
Ce groupe appelé parfois les « douze apôtres » ont testé de nouvelles cultures (betteraves danoises, blé, fétuque, dactyle, orge de printemps, trèfle incarnat avec ou sans conservateur) et de nouveaux élevages (vaches hollandaises). Ils ont aussi organisé des journées d’étude notamment celle du 26 janvier 1955 pour aider les autres agriculteurs à choisir un tracteur.
Précurseur dans le Morbihan, le CETA est partie d’une initiative privée bien que suivi par des agronomes de la direction des services agricoles de Vannes. Rapidement d’autres initiatives voient le jour : en 1958 le groupement de productivité agricole des cantons de La Roche-Bernard et Muzillac impulsé par la Chambre d’agriculture du Morbihan ; en 1961 le foyer de progrès agricole en lien avec la direction des services agricoles ; en 1968 le groupement de vulgarisation agricole de la Roche-Bernard en lien avec la Chambre d’agriculture du Morbihan.
En 1975, le CETA cesse d’exister et transmet ses ressources financières au GVA de La Roche-Bernard.
Sources : Archives départementales du Morbihan et collection privée.
Collection privée Géraud
Collection privée Géraud
Saint-Aelwod
Il s’agirait de la forme la plus ancienne du nom de la commune que l’on trouve écrit dans un acte du cartulaire de Redon en 916.
L’origine du nom viendrait donc Saint Aelwod forme proche de Saint Ethelwod, évêque de Lindisfarne mort en 740. « Saint Ethelwood était au témoignage de l’histoire un docteur en la science de l’Ecriture sainte et un prédicateur remarquable. Sa parole éclairait et touchait les âmes : c’était une semence de vertus qui dut produire partout d’abondantes moissons spirituelles ». « Les relations, probablement établies entre l’église de Lindisfarne et l’Armorique par suite de l’émigration en Armorique d’Ivi, diacre de Lindisfarne, peuvent dans une certaine mesure expliquer l’importation en Bretagne armoricaine du culte d’un évêque de Lindisfarne ».
En revanche la légende locale raconte que le Saint habitait le manoir du Cleyo et allait à l’école à Rieux, qu’il vécut ensuite en ermite.
Par la suite, le nom de la commune n’a cessé d’évoluer Saint-Elmod en 1287, Saint-Elvoy avec une première apparition en 1593 puis Saint-Deloy et enfin Saint-Dolay à partir du 17e siècle.
Sources : Le Mené Jean Marie, L’histoire des paroisses du diocèse de Vannes, 1891. Maitre Léon, L’ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 1893. Le Gouvello Hippolyte, Les Saints inconnus Saint Dolay ou Elvoy dans la Revue morbihannaise, 1892
L'union sportive dolaysienne (USD)
Le 18 octobre 1938, "il est fondé à Saint-Dolay sous le nom de l'Union Sportive Dolaysienne, une société ayant pour but de resserrer les liens de camaraderie entre ses membres et de leur facilité la pratique des sports..." ainsi est créé le premier club de football dolaysien. Son premier président se nomme Frédéric Mercier, il est charcutier. L'USD cesse d'exister en 1965 en fusionnant avec la "Jeanne d'Arc" pour devenir l'amicale dolaysienne.